Vérifier votre ordonnance à la pharmacie : la checklist du patient pour éviter les erreurs

Vérifier votre ordonnance à la pharmacie : la checklist du patient pour éviter les erreurs
17 nov., 2025
par Jacqueline Bronsema | nov., 17 2025 | Santé & Bien-être | 11 Commentaires

Vous venez de récupérer votre ordonnance à la pharmacie. Avant de partir, prenez trois minutes pour vérifier. C’est une étape simple, mais elle peut vous sauver la vie.

Chaque année, plus d’un million de personnes aux États-Unis subissent des erreurs liées à leurs médicaments. En France, les chiffres sont moins précis, mais les risques existent : une pilule mal étiquetée, une dose trop forte, un médicament destiné à quelqu’un d’autre. Ces erreurs ne viennent pas toujours d’une négligence délibérée. Souvent, c’est un mélange de pression, de ressemblance entre les noms, ou une étiquette mal imprimée. La bonne nouvelle ? Vous êtes la dernière ligne de défense. Et vous n’avez pas besoin d’être médecin pour la franchir.

Les sept points à vérifier avant de quitter la pharmacie

Voici ce que vous devez contrôler, étape par étape, dès que vous recevez votre boîte ou votre flacon.

  1. Votre nom et votre date de naissance - Vérifiez que le nom sur l’étiquette correspond exactement à celui de votre carte d’identité. Même un petit changement, comme un accent manquant ou un prénom abrégé, peut être un signe d’erreur. La date de naissance est un double contrôle obligatoire dans les protocoles de sécurité. Si elle est fausse, ce n’est pas votre ordonnance.
  2. Le nom du médicament - Comparez le nom sur l’étiquette avec celui écrit sur votre ordonnance. Attention aux noms similaires : Hydrochlorothiazide et Hydralazine, Lexapro et Lexotan. Si vous ne reconnaissez pas le nom, demandez : « C’est bien le médicament que mon médecin m’a prescrit ? »
  3. La posologie et la forme - Est-ce que la dose est la bonne ? Vous deviez prendre 5 mg, mais vous avez reçu 10 mg ? Vous attendiez un comprimé, mais vous avez un liquide ? Les erreurs de dose représentent plus d’un tiers de toutes les erreurs de médication. Si la forme ou la dose semble étrange, demandez à voir la fiche technique du médicament.
  4. La quantité - Comptez les comprimés, les gélules, ou vérifiez le volume du liquide. Si votre ordonnance prévoit 30 comprimés et que vous en avez 28, demandez pourquoi. 22 % des erreurs de quantité sont repérées dès le premier compte, selon les protocoles de Providence Health.
  5. Les instructions d’utilisation - Lisez les consignes : « Une fois par jour », « Avant les repas », « À jeun ». Sont-elles lisibles ? Sont-elles complètes ? Si vous voyez des abréviations comme « q.d. » ou « b.i.d. », demandez leur signification. 19 % des erreurs viennent de instructions mal comprises.
  6. La date de péremption et l’état du conditionnement - Vérifiez que la date est dans le futur. Un médicament périmé peut perdre son efficacité ou devenir toxique. Vérifiez aussi l’emballage : une boîte ouverte, un flacon fissuré, un sceau brisé ? Signalez-le immédiatement.
  7. Les substances contrôlées - Si vous avez reçu un médicament comme un opioïde, un anxiolytique ou un somnifère, sachez que la loi exige que le pharmacien vérifie votre adresse et la validité de l’ordonnance. Mais vous aussi, vérifiez : le nom du médicament, la dose, la quantité. Ces médicaments sont plus souvent mal délivrés.

Comment faire pour ne pas oublier ?

La pression dans les pharmacies est forte. Le pharmacien est pressé. Vous aussi. Mais vous avez le droit de prendre votre temps. Voici comment faire sans être mal vu.

  • Appelez votre pharmacie à l’avance : « Je vais venir chercher mon ordonnance, pouvez-vous me préparer le médicament en avance ? Je voudrais le vérifier tranquillement. »
  • Utilisez votre téléphone : prenez une photo de votre ordonnance avant d’aller en pharmacie. Comparez avec l’étiquette en direct.
  • Demander un loupe : 76 % des pharmacies en ont. Si vous avez plus de 65 ans, demandez-la sans honte. Les petites écritures sont un piège courant.
  • Ne vous contentez pas de dire « Merci ». Posez les trois questions de la FDA : « À quoi sert ce médicament ? », « Comment et quand le prendre ? », « Quels effets secondaires dois-je surveiller ? »
Une étiquette erronée sur un médicament est mise en évidence à côté d'une ordonnance correcte, une main pointe l'erreur.

Les erreurs les plus fréquentes - et comment les éviter

Les pharmaciens reconnaissent eux-mêmes les erreurs les plus courantes. Selon une enquête menée sur plus de 10 000 cas dans les pharmacies américaines :

  • 32,7 % : mauvaise dose (ex. : 10 mg au lieu de 5 mg)
  • 24,1 % : mauvaise quantité (ex. : 60 comprimés au lieu de 30)
  • 18,3 % : mauvais patient (ex. : l’ordonnance d’un autre client)
  • 12,5 % : mauvais médicament (ex. : un antibiotique au lieu d’un antihypertenseur)

La plupart de ces erreurs sont évitables si vous vérifiez les sept points ci-dessus. Un pharmacien sur trois a déjà vu un patient repérer une erreur qu’il n’avait pas détectée - et il l’a remercié.

Les nouveaux outils pour vous aider

Les pharmacies modernes investissent dans des technologies pour réduire les erreurs. À Lyon, certaines pharmacies ont installé des bornes numériques où vous pouvez scanner le code-barres de votre ordonnance pour voir une image du médicament, sa posologie, et même une vidéo explicative. CVS et Walgreens en ont déjà dans plus de 40 % de leurs points de vente. En France, ce n’est pas encore généralisé, mais ça arrive. Si votre pharmacie en propose, utilisez-la. C’est un outil de sécurité, pas un gadget.

Les systèmes de lecture de code-barres sont maintenant présents dans 87 % des pharmacies. Ils empêchent la délivrance d’un médicament incorrect. Mais ils ne lisent pas votre cerveau. Si vous pensez que ce n’est pas votre médicament, dites-le. Le système peut avoir un bug. Vous, vous avez de l’intuition.

Et si le pharmacien refuse de vérifier avec vous ?

Vous avez le droit de demander. Pas de façon agressive, mais fermement. Si le pharmacien vous dit : « C’est bon, je vous fais confiance », ou « On a déjà vérifié », répondez : « Je sais, mais je veux juste m’assurer que c’est bien ce que j’attends. »

Les données montrent que 63 % des patients qui signalent une erreur se font répondre avec indifférence. Ce n’est pas normal. Une bonne pharmacie encourage la vérification. Les pharmacies notées 4,2 sur 5 sur Trustpilot sont 3,7 fois plus susceptibles de proposer une vérification en face-à-face que celles notées 3,5. Cherchez celles qui disent : « On vous montre toujours le médicament avant de le donner. »

Un senior utilise une borne numérique en pharmacie pour vérifier son médicament via une projection holographique.

La vérification ne remplace pas l’expertise du pharmacien

Vous n’êtes pas là pour remplacer le pharmacien. Vous êtes là pour compléter son travail. Il vérifie les interactions médicamenteuses, les allergies, les contre-indications. Vous vérifiez les détails visuels. Ensemble, vous formez une équipe de sécurité. Comme le dit l’Institut pour la Sécurité des Médicaments : « La vérification par le patient ne peut pas détecter les doubles prescriptions ou les interactions complexes. » Mais elle peut arrêter une erreur grossière avant qu’elle ne vous touche.

Et si vous êtes en téléconsultation ?

Les ordonnances envoyées par mail ou via des applications de télésoin sont plus sujettes aux erreurs. Un étude publiée dans JAMA Internal Medicine montre que les erreurs sont 40 % plus fréquentes dans les ordonnances numériques que dans les ordonnances papier remises en main propre. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de contact direct. Le pharmacien ne vous voit pas. Il ne peut pas lire sur votre visage que vous êtes étonné.

Si vous recevez un médicament par courrier : ouvrez-le dans un endroit calme. Vérifiez les sept points. Prenez une photo. Appelez la pharmacie si quelque chose ne va pas. Ne le prenez pas sans vérification.

Un petit geste, un grand impact

Chaque année, 1,5 million de personnes aux États-Unis sont blessées par des erreurs de médicaments. Pour chaque erreur évitée, c’est un hôpital en moins, une hospitalisation évitée, une vie préservée. Et tout ça, par trois minutes de vérification. Le système de santé a mis en place des technologies, des lois, des audits. Mais la dernière porte de sécurité, c’est vous. Votre regard. Votre question. Votre courage de dire : « Attendez, ce n’est pas ce que j’attendais. »

Ne laissez pas la pression vous pousser à partir sans vérifier. Votre santé ne peut pas attendre. Mais elle peut être protégée - par vous.

Que faire si je découvre une erreur après avoir quitté la pharmacie ?

Si vous remarquez une erreur après être rentré chez vous, ne prenez pas le médicament. Appelez immédiatement la pharmacie pour les en informer. Conservez le médicament, l’emballage et l’étiquette. La plupart des pharmacies acceptent de remplacer gratuitement un médicament erroné, surtout s’il s’agit d’une erreur de leur fait. Signalez aussi l’incident à votre médecin, pour qu’il puisse vérifier si d’autres ordonnances sont concernées.

Puis-je demander à voir le médicament avant qu’il soit emballé ?

Oui, vous avez tout à fait le droit de demander à voir le médicament avant qu’il soit mis dans le sachet ou la boîte finale. C’est une pratique courante dans les bonnes pharmacies. Si le pharmacien hésite, expliquez que vous voulez simplement vérifier que c’est bien ce qui a été prescrit. La plupart des professionnels comprennent et acceptent cette demande.

Les médicaments génériques sont-ils plus risqués ?

Non, les médicaments génériques sont aussi sûrs que les médicaments de marque. Mais leur nom est différent, ce qui peut créer de la confusion. Par exemple, le générique du Lipitor est l’atorvastatine. Si vous ne connaissez pas le nom générique, demandez : « Est-ce que c’est le même médicament que je prenais avant ? » Vérifiez la dose et la forme. Le risque ne vient pas du générique lui-même, mais de la méconnaissance de son nom.

Dois-je vérifier chaque ordonnance, même si je la prends depuis des années ?

Oui, absolument. Même si vous prenez le même médicament depuis 10 ans, la dose peut avoir changé, le fabricant peut avoir été remplacé, ou une erreur peut s’être glissée dans le système. Les erreurs ne surviennent pas seulement pour les nouveaux patients. Elles arrivent aussi aux patients expérimentés - souvent parce qu’on pense « c’est pareil ». Ne tombez pas dans ce piège.

Y a-t-il un moyen de garder une trace de mes ordonnances pour mieux vérifier ?

Oui. Tenez un carnet ou utilisez une application de gestion médicale (comme Medisafe ou MyTherapy). Notez chaque ordonnance : nom du médicament, dose, fréquence, date de renouvellement. Quand vous allez en pharmacie, comparez ce que vous avez noté avec ce qu’on vous donne. Cela vous aide à repérer les changements, même subtils. Beaucoup de patients disent que cette simple habitude leur a évité plusieurs erreurs.

11 Commentaires

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    manu martel

    novembre 18, 2025 AT 08:53

    Je viens de vérifier ma dernière ordonnance après avoir lu cet article… et j’ai trouvé une erreur : 10 mg au lieu de 5 mg. J’ai demandé à la pharmacie, ils ont corrigé sans sourciller. C’est fou comment un regard attentif peut éviter un désastre. Merci pour ce rappel essentiel.

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    Julien Petitot

    novembre 19, 2025 AT 22:57

    Je suis pharmacien depuis 15 ans, et je peux vous dire que 80 % des erreurs, c’est pas de la négligence, c’est juste la pression. Mais quand un patient demande à vérifier, on respire. On est là pour vous aider, pas pour vous faire peur. Alors oui, posez les questions. On adore ça, même si on le dit pas toujours.

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    Claire Polidano

    novembre 20, 2025 AT 06:16

    Vous parlez de 'vérification', mais vous omettez l’aspect systémique : les pharmaciens sont surchargés, les logiciels sont mal intégrés, et les ordonnances électroniques sont une catastrophe orthographique. La responsabilité est déléguée au patient parce que le système a échoué. Et vous, vous faites la propagande de cette déresponsabilisation. Bravo.

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    chantal N

    novembre 21, 2025 AT 14:26

    Vous avez oublié de mentionner que 92 % des erreurs surviennent entre 16h et 18h, à cause de la fatigue du personnel. Et que les patients qui vérifient sont souvent perçus comme 'difficiles'. Donc, non, ce n’est pas juste une question de 'trois minutes'. C’est une lutte contre une culture de l’indifférence.

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    Suzanne Butler

    novembre 22, 2025 AT 15:09

    Encore un article qui culpabilise les patients pour les faiblesses du système. Vous êtes sérieux ? On va demander à un retraité de vérifier les noms de médicaments en latin alors que le pharmacien n’a même pas le temps de regarder ses propres erreurs ? C’est pathétique.

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    Alexandre BIGOT

    novembre 24, 2025 AT 04:59

    Il convient de souligner que la vérification par le patient ne constitue pas une norme de soins reconnue par les instances internationales. Bien qu’utile, cette pratique relève davantage d’une mesure de précaution qu’un standard clinique. Une approche systémique, fondée sur l’automatisation et la formation continue du personnel, demeure la seule voie pérenne.

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    Marie H.

    novembre 25, 2025 AT 11:54

    Je l’ai fait hier avec ma mère de 78 ans. On a pris une photo de l’ordonnance, on a comparé mot à mot, on a demandé la loupe… et on a trouvé une dose doublée. Le pharmacien a rougi, a dit 'désolé', et a corrigé. Elle m’a dit : 'Je ne savais pas que je pouvais faire ça.' Vous avez raison : ce n’est pas compliqué. C’est juste une question de courage. Merci pour ce rappel, vraiment.

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    James Atom

    novembre 27, 2025 AT 06:24

    En Belgique, on a une culture différente : on demande systématiquement une fiche explicative avec chaque médicament. C’est obligatoire. En France, on attend que le patient se batte pour avoir un peu de transparence. Ce n’est pas normal. On a les moyens, on a les outils… mais pas la volonté.

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    Thomas Willemsen

    novembre 29, 2025 AT 06:22

    Je suis un patient chronique. J’ai 12 médicaments différents. Je vérifie tout. Je prends une photo. Je note dans mon app. Et je demande toujours : 'Est-ce que c’est bien ce que j’ai pris la dernière fois ?' Je n’ai jamais eu de problème. Parce que je ne laisse pas les autres décider pour moi. Vous devez faire pareil.

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    Chantal Francois

    novembre 29, 2025 AT 12:15
    C’est une démarche élémentaire, mais vitale.
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    Roland Patrick

    novembre 30, 2025 AT 09:03

    Si tu veux pas te faire avoir, arrête de prendre des médicaments. C’est plus simple. Les gens sont trop cons pour vérifier. Ils veulent tout tout de suite. Moi, je dis : pas de médicament, pas de problème.

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