Comment documenter les conseils d'un professionnel de santé sur les médicaments pour référence ultérieure

Comment documenter les conseils d'un professionnel de santé sur les médicaments pour référence ultérieure
19 nov., 2025
par Jacqueline Bronsema | nov., 19 2025 | Santé & Bien-être | 12 Commentaires

Documenter les conseils d’un professionnel de santé sur les médicaments n’est pas une simple formalité - c’est une question de sécurité et de continuité des soins.

Vous venez de parler avec votre médecin, votre pharmacien ou votre dentiste. Il vous a donné des instructions précises sur un nouveau médicament : quand le prendre, combien en prendre, quels effets secondaires surveiller, ce qu’il ne faut pas mélanger. Tout semble clair en ce moment. Mais dans deux jours, vous aurez oublié la moitié. Et si vous devez consulter un autre professionnel la semaine prochaine ? Comment lui expliquer ce qu’on vous a dit, sans vous tromper ?

La solution est simple, mais souvent négligée : écrire tout cela. Pas juste une note rapide sur un bout de papier. Une documentation claire, complète et fiable, que vous pourrez consulter plus tard - et que tout autre professionnel pourra lire en cas de besoin.

Qu’est-ce qu’il faut absolument noter ?

Ne vous contentez pas de noter le nom du médicament. C’est le minimum. Voici ce que vous devez inclure, mot pour mot, tel qu’il vous a été dit :

  • Nom exact du médicament - y compris la marque ou le générique, si vous avez été informé(e) de la différence.
  • Dosage - combien de milligrammes (mg) ou de millilitres (ml) ?
  • Fréquence - une fois par jour ? Trois fois par jour ? Avant ou après les repas ?
  • Durée du traitement - combien de jours, de semaines ? Faut-il arrêter même si vous vous sentez mieux ?
  • Nombre de renouvellements - combien de fois pouvez-vous le récupérer sans nouvelle ordonnance ?
  • Effets secondaires à surveiller - quels symptômes doivent vous alerter ? (ex : étourdissements, éruption cutanée, nausées sévères)
  • Interactions à éviter - alcool, autres médicaments, aliments spécifiques ?
  • Instructions spécifiques - « Ne pas écraser les comprimés », « Conserver au réfrigérateur », « Prendre avec un grand verre d’eau ».
  • Conseils de votre professionnel - « Si vous oubliez une dose, ne doublez pas la suivante. » ou « Ce médicament peut rendre votre peau sensible au soleil. »

Si vous avez reçu des explications orales, écrivez-les comme si vous alliez les lire à un juge. Parce que, dans certains cas, vous le ferez. Les dossiers médicaux sont des preuves légales. Ce que vous écrivez peut être utilisé pour comprendre une erreur, une hospitalisation, ou même un litige.

Comment organiser votre documentation pour qu’elle soit utile ?

Une feuille volante dans votre sac ne suffit pas. Vous avez besoin d’un système qui dure.

Créez un simple fichier numérique ou papier intitulé « Mes médicaments et conseils reçus ». Organisez-le par date. Pour chaque rendez-vous, notez :

  1. Date du rendez-vous
  2. Nom du professionnel (médecin, pharmacien, dentiste)
  3. Service ou clinique
  4. Les 9 éléments listés ci-dessus
  5. Votre propre question ou inquiétude, et la réponse donnée
  6. Si vous avez refusé un traitement ou ne l’avez pas suivi - et pourquoi

Par exemple :

15/10/2025 - Dr. Lefebvre, cabinet de Lyon. Prescrit : Amoxicilline 500 mg. 1 comprimé 3 fois/jour pendant 7 jours. À prendre avec de la nourriture. Effets secondaires : diarrhée légère possible. Ne pas consommer d’alcool. Si réaction cutanée ou gonflement du visage, consulter immédiatement. J’ai demandé si je pouvais prendre de l’ibuprofène pour la douleur - il a répondu oui, mais pas en même temps que l’antibiotique.

Ce format vous permet de retrouver facilement l’information, même des mois plus tard. Et si vous changez de médecin, vous pouvez le lui donner en entier - pas juste un mot d’ordre.

Les erreurs à éviter à tout prix

Beaucoup de patients font ces erreurs - et elles peuvent être dangereuses.

  • Écrire « médicament pour la douleur » - trop vague. Quel médicament ? Combien ? Quand ?
  • Utiliser des abréviations - « BID » ou « QD » peuvent être mal interprétées. Écrivez « deux fois par jour », « une fois par jour ».
  • Ne pas noter les refus - si vous avez dit non à un traitement, écrivez-le. « J’ai refusé le traitement X car je craignais les effets secondaires. » Cela aide les professionnels à mieux vous comprendre.
  • Ne pas noter les conversations téléphoniques - si votre pharmacien vous appelle pour vous dire de ne pas prendre le médicament avec du jus d’orange, notez-le. Même une conversation de 2 minutes peut changer tout.
  • Ne pas dater les notes - sans date, vous ne savez pas si c’est une ordonnance récente ou une vieille instruction.

Le Dr. Lefebvre vous a dit : « Ne prenez pas ce médicament si vous avez des problèmes rénaux. » Vous avez oublié. Trois semaines plus tard, vous avez un nouveau médecin. Il vous prescrit le même médicament. Sans votre note, il ne sait pas que vous avez déjà reçu cet avertissement. C’est une erreur évitable.

Femme remet un dossier organisé sur ses médicaments à son médecin en consultation.

Le rôle des dossiers électroniques et des portails patients

Depuis 2024, la plupart des médecins en France utilisent des dossiers médicaux électroniques (DMP). Vos ordonnances, vos allergies, vos médicaments - tout cela est stocké là. Mais attention : le DMP ne remplace pas votre propre documentation.

Le DMP contient les ordonnances transmises par les professionnels. Mais il ne contient pas toujours vos conversations. Par exemple, si votre médecin vous a dit : « Ce médicament peut vous donner la nausée, mais si c’est léger, continuez 3 jours. Ça passe. » - cette nuance n’est pas toujours saisie dans le système.

Utilisez le portail patient de votre médecin pour consulter vos ordonnances et vos antécédents. Mais gardez votre propre fichier, avec vos propres mots, vos propres observations. C’est votre outil de contrôle.

En 2025, 95 % des documents médicaux seront électroniques et interconnectés. Mais vous, vous restez le seul à connaître exactement ce que vous avez ressenti, ce que vous avez compris, et ce que vous avez oublié.

Quand et comment mettre à jour votre documentation ?

Ne laissez pas la documentation s’accumuler. Faites-le immédiatement après chaque rendez-vous.

Si vous avez un rendez-vous le mardi matin, notez tout avant de dîner. Même si vous êtes fatigué(e). Cinq minutes suffisent. Une fois que vous attendez, vous risquez d’oublier.

Revoyez votre dossier chaque mois. Vérifiez :

  • Quels médicaments prenez-vous encore ?
  • Quels ont été arrêtés ?
  • Quels conseils ont changé ?
  • Quels effets avez-vous ressentis ?

Si vous avez arrêté un médicament, notez pourquoi : « Arrêté après 10 jours car effets secondaires trop forts. » Cela aide les professionnels à éviter de vous le redonner.

Les conséquences de ne pas documenter

Une étude de l’Institut de Médecine en 2006 a montré que près de 7 000 décès par an aux États-Unis sont liés à des erreurs de médicaments. Beaucoup de ces erreurs viennent d’un manque de communication claire.

En France, 22 % des événements indésirables évitables en soins ambulatoires sont dus à une mauvaise documentation des médicaments (NCQA, 2020). Cela signifie : quelqu’un prend un médicament qu’il ne devrait pas, parce que personne n’a noté qu’il était allergique. Ou un patient reçoit une dose trop élevée, parce que le médecin ne savait pas qu’il avait déjà pris ce médicament la semaine précédente.

Et si vous êtes hospitalisé(e) ? Les infirmiers et les pharmaciens vérifient votre liste de médicaments. Si vous ne pouvez pas leur dire exactement ce que vous prenez, ils doivent deviner. Et deviner, c’est risquer.

Carnet de notes lumineux flotte au-dessus d'un dossier médical qui se désintègre.

Un exemple concret : ce qui peut arriver sans documentation

Mme. Dubois, 68 ans, prend de l’aspirine pour son cœur. Elle a un rhume. Elle va chez le pharmacien. Il lui conseille un décongestionnant. Elle ne dit pas qu’elle prend de l’aspirine. Le pharmacien ne le sait pas. Elle prend les deux. Elle a une hémorragie interne. Elle est hospitalisée.

Elle n’avait jamais noté qu’elle prenait de l’aspirine. Elle pensait que c’était « juste une petite pilule ». Le pharmacien n’avait pas accès à son dossier. Le médecin d’urgence ne savait pas ce qu’elle prenait.

Si elle avait eu une note simple : « Aspirine 100 mg/jour depuis 2023 - pour prévention cardiovasculaire », tout aurait été évité.

Que faire si vous avez des doutes ?

Ne supposez pas. Posez des questions. Et notez les réponses.

Si vous ne comprenez pas une instruction, dites : « Pouvez-vous me le répéter comme si je n’étais pas médecin ? »

Si vous avez peur d’oublier, demandez : « Puis-je avoir une fiche écrite ? »

Si vous êtes malade ou fatigué(e), demandez à un proche de vous accompagner - et de prendre des notes à votre place.

La documentation, c’est votre pouvoir. Ce n’est pas une corvée. C’est votre assurance.

Comment garder votre documentation en sécurité ?

Vous n’avez pas besoin d’un système compliqué. Voici trois options simples :

  • Sur papier - dans un carnet dédié, rangé avec vos papiers médicaux. Faites une copie et donnez-la à un proche de confiance.
  • Sur téléphone - utilisez l’application Notes ou un fichier Word. Sauvegardez-la dans le cloud (iCloud, Google Drive).
  • Sur ordinateur - créez un dossier « Santé » avec des fichiers nommés : « Médicaments 2025 », « Allergies », « Rendez-vous ».

Ne gardez pas vos notes dans un seul endroit. Une copie chez vous, une copie chez un proche, une copie numérique. Si vous êtes en voyage et que vous avez un problème, quelqu’un peut vous aider.

Conclusion : votre mémoire ne suffit pas - votre documentation, si

Les médicaments sont puissants. Ils peuvent vous aider. Ils peuvent vous blesser. Leur bon usage dépend de la clarté. Et la clarté, ce n’est pas ce que vous vous souvenez. C’est ce que vous avez écrit.

Documenter les conseils de votre professionnel, ce n’est pas un acte administratif. C’est un acte de soin. C’est vous qui prenez le contrôle de votre santé. C’est vous qui empêchez une erreur. C’est vous qui donnez aux autres les outils pour vous aider.

Commencez aujourd’hui. Prenez 10 minutes. Écrivez ce que vous avez entendu. Et gardez-le. Parce que demain, vous pourriez en avoir besoin.

Dois-je noter les conseils donnés par le pharmacien, même si ce n’est pas mon médecin ?

Oui. Le pharmacien est un professionnel de santé à part entière. Il peut vous donner des conseils cruciaux sur les interactions, les effets secondaires ou la bonne prise du médicament. Toute information reçue de tout professionnel de santé - médecin, infirmier, pharmacien, dentiste - doit être notée. C’est votre dossier de santé, pas seulement celui du médecin.

Et si je ne comprends pas un terme médical ?

Demandez une explication simple. Par exemple : « Pouvez-vous me dire ce que signifie “néphrotoxique” en termes courants ? » Si vous ne comprenez pas, ne notez pas le mot technique. Notez la traduction : « Ce médicament peut nuire aux reins. » Votre but n’est pas de devenir expert, mais de comprendre ce qui vous concerne.

Faut-il noter les médicaments que je ne prends plus ?

Oui. Même les médicaments arrêtés il y a des mois ou des années. Un médecin pourrait vous en prescrire un nouveau qui interagit avec un ancien. Ou un allergène oublié pourrait réapparaître. Notez : « Arrêté en janvier 2024 - provoquait des maux de tête. » Cela aide à éviter les erreurs répétées.

Puis-je utiliser une application pour cela ?

Oui, mais choisissez une application fiable qui vous permet de télécharger ou d’exporter vos données. Certaines applications de santé (comme Medisafe ou MyTherapy) permettent de suivre les médicaments et d’ajouter des notes. Mais gardez une copie hors ligne. Si l’application ferme ou si vous perdez votre téléphone, vous ne voulez pas perdre tout votre historique.

Que faire si je n’ai pas pu noter pendant le rendez-vous ?

Rappelez-vous les points principaux dès que possible - dans les 24 heures. Si vous avez oublié quelque chose, appelez le cabinet. Dites : « Je voulais vérifier une information donnée hier. Pouvez-vous me confirmer le dosage de X ? » Notez la réponse, avec la date et le nom de la personne qui vous a répondu. Mieux vaut tard que jamais.

12 Commentaires

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    Maxime ROUX

    novembre 20, 2025 AT 06:48

    Je suis pharmacien, et je peux vous dire que 80 % des erreurs viennent de patients qui disent 'j'ai pris le truc pour la douleur'. Non, mec. C'est pas un truc. C'est du paracétamol, de l'ibuprofène ou du diclofénac. Écrivez les noms exacts. C'est pas compliqué.

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    Christine Caplan

    novembre 22, 2025 AT 03:09

    Vous venez de lire un guide de survie médicale. Pas un article. Une arme. 🛡️
    Chaque note que vous prenez, c’est une porte qui s’ouvre pour qu’on vous comprenne. Chaque mot oublié, c’est une porte qui se ferme. Et parfois, elle se ferme pour toujours.
    Je vous le dis en tant que personne qui a vu un proche se faire prescrire un médicament qu’il avait déjà eu une réaction mortelle à - parce que personne n’avait noté. Alors oui. Prenez 5 minutes. Écrivez. Sauvez-vous. 💪

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    Valentine Aswan

    novembre 22, 2025 AT 14:55

    Vous croyez vraiment que les médecins veulent que vous notiez tout ? Non. Ils veulent que vous soyez docile, que vous preniez ce qu’ils vous donnent sans poser de questions, sans vérifier, sans créer de paperasse. Le DMP ? Une arnaque. Ils veulent votre historique, mais pas vos mots. Ils veulent des données, pas des humains. Et vous, vous allez leur donner vos notes comme un bon petit soldat ? 😏

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    Nicole Tripodi

    novembre 24, 2025 AT 14:17

    Je garde un carnet depuis 12 ans. Tous mes médicaments, toutes les réactions, tous les refus, toutes les questions. Même les « oui, mais » du pharmacien. J’ai pu éviter deux hospitalisations parce que j’avais ça. Ce n’est pas une corvée. C’est un acte de résistance. Contre la mémoire humaine, contre la précipitation des soignants, contre l’oubli systémique. Vous n’êtes pas un patient. Vous êtes un archiviste de votre propre corps.

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    Rudi Timmermans

    novembre 26, 2025 AT 08:03

    Je suis père de deux enfants avec des allergies complexes. Je note tout. Même les « ah oui, et évitez les fraises » d’une infirmière qui passait. Parce que j’ai vu ce que ça fait quand on oublie. C’est pas pour la paperasse. C’est pour qu’ils vivent. Faites-le pour vous, pour vos proches. C’est pas un luxe. C’est une nécessité.

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    Julien Saint Georges

    novembre 26, 2025 AT 10:27

    Le truc le plus simple ? Prenez une note dans votre téléphone dès que vous sortez du cabinet. Nom, dose, durée, effet secondaire. 30 secondes. C’est tout. Faites-le avant de boire votre café. C’est pas une mission. C’est un réflexe. Comme se laver les mains.

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    philippe naniche

    novembre 26, 2025 AT 14:10

    Je me suis fait prescrire un antibiotique. J’ai oublié de noter la dose. Trois jours après, j’ai pris la moitié. Puis j’ai lu la notice. J’étais en train de me tuer lentement. J’ai appelé le pharmacien. Il m’a dit : « C’est pour ça qu’on vous dit d’écrire. »
    Je n’ai plus oublié.

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    Nathalie Garrigou

    novembre 26, 2025 AT 16:30

    Et si tout ça, c’était une manipulation du lobby pharmaceutique pour vous faire croire que vous devez tout noter ? Pour vous rendre dépendants de vos papiers ? Pour que vous ne fassiez plus confiance à vos médecins ? Pour que vous les voyiez comme des ennemis ? Le DMP est un outil de contrôle. Vos notes ? C’est votre propre prison numérique. 😈

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    Nadine Porter

    novembre 28, 2025 AT 04:58

    Je note aussi les moments où je me sens mieux. Pas juste les médicaments. Par exemple : « Après avoir pris l’ibuprofène à 17h, j’ai pu marcher sans douleur pour la première fois depuis 3 semaines. »
    Ça aide les médecins à voir le tableau complet. Pas juste les chiffres. La vie.

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    James Sorenson

    novembre 28, 2025 AT 21:34

    Je ne note rien. Je laisse les médecins se débrouiller. Si ils ne se souviennent pas de ce que j’ai dit, c’est leur problème. Moi, je suis là pour être soigné, pas pour faire le secrétaire. Et si je meurs ? Ben, c’est la faute à pas de chance. 😌

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    Fabien Galthie

    novembre 30, 2025 AT 10:19

    En France, on a un DMP. Alors pourquoi on doit encore écrire sur un cahier ? C’est du gaspillage de temps. C’est du populisme médical. Les Allemands ont tout digitalisé. Nous, on veut qu’on écrive à la main comme en 1950. C’est du retard culturel.

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    Les Gites du Gué Gorand

    décembre 1, 2025 AT 00:05

    Je garde tout dans un dossier Google Drive. Chaque médicament, chaque rendez-vous, chaque note. J’ai même un tableau Excel avec les dates de renouvellement. J’ai partagé l’accès avec ma sœur. Si je meurs en pleine rue, elle saura ce que je prenais. C’est triste ? Peut-être. Mais c’est intelligent.

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